Régler des frais de succession avec un crédit hypothécaire : éviter la vente subie

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
23 December 2025

Régler des frais de succession est aujourd’hui l’un des principaux motifs de tension patrimoniale en France. Chaque année, des milliers d’héritiers se retrouvent confrontés à une situation paradoxale : hériter d’un bien immobilier de valeur, mais ne pas disposer de la trésorerie nécessaire pour s’acquitter des droits exigés par l’administration fiscale. Cette situation est d’autant plus fréquente que le patrimoine transmis est essentiellement immobilier. Maison familiale, appartement hérité, résidence secondaire : la valeur est là, parfois significative, mais elle est illiquide. Or, l’administration fiscale, elle, ne raisonne pas en patrimoine mais en liquidités disponibles. Dans ce contexte, le crédit hypothécaire apparaît comme une solution patrimoniale souvent méconnue, mais particulièrement adaptée pour payer des frais de succession sans vendre le bien hérité.

Frais de succession : une contrainte de temps et de trésorerie

Lors d’une succession, les héritiers disposent en principe d’un délai de six mois pour déposer la déclaration de succession et régler les droits correspondants. Ce délai est court. Très court, même, lorsque le patrimoine transmis est complexe ou que plusieurs héritiers sont concernés. En cas de retard, des pénalités et intérêts de retard s’appliquent rapidement. La pression fiscale devient alors un facteur de décision, poussant parfois à des choix patrimoniaux précipités : vente dans l’urgence, acceptation d’une décote importante, ou abandon pur et simple du bien. Le problème n’est pas l’impôt en lui-même, mais le décalage entre la valeur du patrimoine reçu et la capacité immédiate à payer.

Pourquoi vendre n’est pas toujours la bonne solution

Face à des frais de succession élevés, la vente du bien hérité est souvent présentée comme la solution la plus simple. En réalité, elle est rarement la plus pertinente. Vendre dans l’urgence signifie généralement vendre mal. Décote sur le prix, négociation défavorable, contraintes de délai imposées par les acheteurs : le patrimoine transmis perd une partie de sa valeur, parfois de manière irréversible. Au-delà de l’aspect financier, la vente peut également poser des problèmes familiaux. Désaccord entre héritiers, attachement affectif au bien, volonté de conserver un actif stratégique : autant de dimensions que la vente ne prend pas en compte. C’est précisément dans ces situations que le crédit hypothécaire prend tout son sens.

Le crédit hypothécaire comme outil de continuité patrimoniale

Le crédit hypothécaire permet de transformer temporairement un bien immobilier en liquidités, sans en perdre la propriété. Concrètement, il consiste à emprunter une somme d’argent garantie par une hypothèque inscrite sur le bien hérité. Cette solution permet de payer les droits de succession, tout en conservant le bien dans le patrimoine familial. Elle offre du temps, de la souplesse et surtout la possibilité de décider plus tard, dans de meilleures conditions, de l’avenir du bien. Contrairement à une vente, le crédit hypothécaire ne constitue pas une rupture patrimoniale. Il s’inscrit dans une logique de continuité et de maîtrise.

Hypothéquer un bien hérité : une démarche encadrée et sécurisée

Hypothéquer un bien issu d’une succession ne signifie ni le céder, ni s’en dessaisir. L’héritier reste pleinement propriétaire du bien. Il peut l’occuper, le louer, ou le conserver vacant selon sa stratégie. L’hypothèque est une garantie juridique, formalisée par un acte notarié. Elle protège le prêteur en cas de défaillance, mais n’a aucune incidence sur la jouissance du bien tant que le crédit est honoré. Cette distinction est essentielle, car elle lève l’un des principaux freins psychologiques liés au crédit hypothécaire : la peur de “perdre” le bien. En réalité, c’est souvent l’absence de solution de financement qui conduit à une perte patrimoniale, via une vente imposée.

Une solution particulièrement adaptée aux successions immobilières

Le crédit hypothécaire est particulièrement pertinent lorsque le bien hérité présente une valeur significative, mais que les héritiers disposent de peu de liquidités immédiates. C’est souvent le cas lorsque le patrimoine est concentré sur un seul actif immobilier. Maison de famille en zone tendue, appartement ancien dans une grande ville, bien transmis depuis plusieurs générations : ces actifs ont une forte valeur patrimoniale, mais ne génèrent pas nécessairement de trésorerie. Le crédit hypothécaire permet alors de faire le lien entre patrimoine et fiscalité, sans sacrifier l’un au profit de l’autre.

Crédit hypothécaire et indivision successorale

Dans de nombreuses successions, le bien hérité est détenu en indivision. Cette situation peut complexifier la prise de décision, notamment lorsqu’il s’agit de vendre ou d’engager des travaux. Le crédit hypothécaire peut, dans certains cas, être envisagé pour permettre à l’indivision de régler les frais de succession, ou pour permettre à un héritier de racheter les parts des autres ultérieurement. Chaque situation doit être analysée avec précision, mais l’hypothèque peut devenir un outil de stabilisation de l’indivision, en évitant des ventes forcées dictées par des contraintes fiscales.

Une approche patrimoniale, pas une solution d’urgence aveugle

Régler des frais de succession avec un crédit hypothécaire n’est pas une solution automatique. C’est une décision patrimoniale structurante, qui doit être prise en connaissance de cause. Elle implique une analyse de la valeur du bien, de la capacité de remboursement, des projets futurs et de la stratégie familiale. Utilisé à bon escient, le crédit hypothécaire permet de traverser une succession sans rupture patrimoniale. Mal anticipé, il peut créer des tensions supplémentaires. C’est pourquoi cette solution doit être envisagée comme un outil de pilotage, et non comme un simple moyen de payer un impôt.

Conditions pour régler des frais de succession avec un crédit hypothécaire

Utiliser un crédit hypothécaire pour régler des frais de succession ne relève pas d’un montage exceptionnel. C’est une solution juridiquement encadrée, mais qui obéit à des conditions précises. La première d’entre elles est évidente : l’héritier doit être propriétaire du bien ou en passe de le devenir définitivement à l’issue du règlement de la succession. Dans la majorité des cas, le crédit hypothécaire est mis en place après l’acceptation de la succession, lorsque la dévolution successorale est claire. Le bien immobilier doit être libre de toute contestation juridique majeure, et les droits de propriété doivent pouvoir être établis sans ambiguïté. La banque ou l’établissement prêteur s’intéressera avant tout à la valeur du bien hérité. Cette valeur est déterminée soit par une expertise immobilière indépendante, soit par une évaluation documentée, souvent cohérente avec celle retenue pour la déclaration fiscale. Plus le bien est liquide et situé sur un marché actif, plus les conditions de financement sont favorables.

Quel montant peut être financé pour payer les droits de succession ?

Le montant finançable dépend directement de la valeur nette du bien hérité. En pratique, un crédit hypothécaire permet généralement d’emprunter entre 50 % et 70 % de la valeur du bien, selon sa localisation, son état, sa nature et la solidité globale du dossier. Cette enveloppe est le plus souvent suffisante pour couvrir les droits de succession, les frais notariés et, dans certains cas, des besoins complémentaires liés à la succession. Il est rare que les frais fiscaux dépassent ces ratios, sauf situations patrimoniales très spécifiques. L’objectif du crédit hypothécaire n’est pas de maximiser l’endettement, mais de couvrir un besoin précis, en conservant une marge de sécurité pour l’avenir.

Délais fiscaux et crédit hypothécaire : un enjeu central

L’un des principaux défis liés aux frais de succession est le temps. L’administration fiscale impose un règlement rapide, alors même que la mise en place d’un financement peut nécessiter plusieurs semaines. C’est pourquoi l’anticipation est essentielle. Un crédit hypothécaire peut être étudié dès l’ouverture de la succession, parallèlement aux démarches notariales. Cette approche permet de gagner un temps précieux et d’éviter les pénalités de retard. Dans certaines situations, des aménagements fiscaux (paiement différé ou fractionné) peuvent être sollicités, mais ils ne sont ni automatiques ni suffisants dans tous les cas. Le crédit hypothécaire reste alors la solution la plus directe pour répondre à l’exigence de liquidité imposée par l’État.

Crédit hypothécaire et indivision successorale

La question de l’indivision est centrale dans les successions immobilières. Lorsque plusieurs héritiers se partagent un bien, les décisions deviennent plus complexes. Vendre ou conserver ? Louer ou occuper ? Payer ensemble ou séparément ? Le crédit hypothécaire peut permettre de stabiliser une indivision, en apportant la trésorerie nécessaire au paiement des droits, sans forcer une vente immédiate. Dans certains cas, un héritier peut également utiliser un crédit hypothécaire pour financer ultérieurement le rachat des parts des autres. Toute opération impliquant une indivision nécessite l’accord des parties concernées et une structuration juridique rigoureuse. Le notaire joue ici un rôle clé pour sécuriser l’opération et éviter les conflits ultérieurs.

Héritier unique vs héritiers multiples : deux logiques différentes

Lorsqu’il n’y a qu’un seul héritier, la mise en place d’un crédit hypothécaire est généralement plus simple. Les décisions sont centralisées, la stratégie patrimoniale est claire et le financement peut être structuré rapidement. En présence de plusieurs héritiers, la logique change. Le crédit hypothécaire devient alors un outil de gestion collective ou un levier individuel, selon la stratégie retenue. Chaque situation doit être analysée au cas par cas, en tenant compte des équilibres familiaux, des projets de chacun et des contraintes juridiques. Dans tous les cas, le crédit hypothécaire permet d’éviter que la fiscalité successorale ne devienne le facteur déclencheur d’une rupture patrimoniale.

Pourquoi les banques refusent souvent après un décès

Après un décès, de nombreux héritiers se heurtent à des refus bancaires. La raison est simple : le crédit bancaire classique repose sur des critères de revenus, de stabilité et de projection à long terme, rarement compatibles avec une situation successorale récente. Revenus insuffisants, endettement existant, âge, situation professionnelle incertaine : autant de critères qui peuvent bloquer un crédit classique, même lorsque le patrimoine hérité est significatif. Le crédit hypothécaire permet de dépasser ces blocages, en intégrant la valeur du bien comme élément central de la décision. Ce changement de perspective est souvent décisif pour débloquer une situation figée.

Revenus et capacité de remboursement : une analyse contextualisée

Même dans le cadre d’une succession, la capacité de remboursement reste un critère fondamental. Le crédit hypothécaire n’est pas un crédit sans conditions. Les revenus de l’héritier sont étudiés, mais replacés dans un contexte plus large. L’existence de revenus locatifs futurs, la possibilité de louer le bien hérité, ou la perspective d’une revente à moyen terme peuvent être intégrées dans l’analyse. Cette approche permet une lecture plus réaliste et moins restrictive de la situation financière. L’objectif n’est pas de fragiliser l’héritier, mais de lui permettre de traverser une étape fiscale contraignante sans sacrifier son patrimoine.

Une solution transitoire, pas une dette définitive

Dans de nombreux cas, le crédit hypothécaire utilisé pour régler des frais de succession est envisagé comme une solution transitoire. Il permet de passer un cap, de sécuriser la transmission, puis d’arbitrer ultérieurement : conservation du bien, mise en location, vente dans de meilleures conditions. Cette temporalité est essentielle. Le crédit hypothécaire redonne du temps là où la fiscalité impose l’urgence.

Comment payer des frais de succession sans vendre le bien hérité

Lorsqu’un héritier se demande comment payer des frais de succession, la première réponse qui lui est souvent donnée est la vente du bien. Cette réponse est simple, rapide… mais rarement satisfaisante. Elle ignore une réalité pourtant fréquente : le bien immobilier hérité constitue le cœur du patrimoine transmis, et le céder sous la contrainte fiscale revient souvent à appauvrir durablement la famille. Payer des frais de succession sans vendre est non seulement possible, mais souvent préférable lorsque le bien présente un intérêt patrimonial, affectif ou stratégique. Le crédit hypothécaire permet précisément de répondre à cette problématique en apportant une solution de trésorerie encadrée, temporaire et réversible.

Payer des frais de succession : les erreurs à éviter

Sous la pression des délais fiscaux, de nombreux héritiers prennent des décisions rapides, parfois irréversibles. La vente précipitée est l’erreur la plus fréquente. Elle entraîne presque systématiquement une décote, une perte de pouvoir de négociation et une renonciation à toute stratégie patrimoniale. Une autre erreur consiste à tenter de multiplier des solutions partielles : prêts à la consommation, avances familiales, découvert bancaire. Ces solutions sont souvent coûteuses, mal adaptées et insuffisantes pour couvrir des droits de succession élevés. Le crédit hypothécaire, en revanche, permet de centraliser le financement, de le sécuriser juridiquement et de l’adosser à la valeur réelle du patrimoine hérité.

Le rôle du notaire dans le paiement des frais de succession

Dans le cadre d’une succession, le notaire occupe une place centrale. Il est à la fois le garant de la régularité juridique et l’interlocuteur privilégié pour la mise en place d’un crédit hypothécaire. L’acte de prêt hypothécaire est obligatoirement signé chez le notaire. Celui-ci vérifie la conformité de l’opération, explique les conséquences de l’hypothèque et procède à son inscription. Il s’assure également que le financement permet bien de répondre à l’obligation fiscale liée aux droits de succession. Cette intervention sécurise l’ensemble du processus et protège l’héritier contre toute décision prise dans la précipitation ou sans compréhension complète des enjeux.

Crédit hypothécaire et succession : quels sont les risques réels ?

Payer des frais de succession avec un crédit hypothécaire n’est pas une solution sans contrepartie. Le principal risque est celui de l’incapacité à rembourser le prêt sur la durée. En cas de défaut prolongé, le prêteur peut engager une procédure de saisie du bien hypothéqué. Ce risque existe, mais il doit être mis en perspective. Dans la majorité des situations, le crédit hypothécaire est utilisé comme une solution temporaire, dans l’attente d’une revente choisie, d’une mise en location ou d’un rééquilibrage patrimonial. Lorsqu’il est structuré de manière réaliste et accompagné par des professionnels, le crédit hypothécaire permet justement d’éviter les décisions irréversibles dictées par l’urgence fiscale.

Honoraires Trésovia : transparence totale en matière de succession

Dans le cadre d’un crédit hypothécaire destiné à régler des frais de succession, les honoraires pratiqués par Trésovia sont strictement plafonnés à 5 % HT du montant emprunté.

Ces honoraires présentent une caractéristique essentielle :
ils ne sont dus qu’en cas de succès.

Concrètement, aucun honoraire n’est facturé :

  • tant que le financement n’est pas accepté,
  • tant que l’acte de prêt n’est pas signé chez le notaire,
  • tant que les fonds ne sont pas effectivement décaissés.

Cette règle protège l’héritier et garantit un alignement total des intérêts. Trésovia n’est rémunérée que si la solution permet réellement de payer les frais de succession.

Crédit hypothécaire ou paiement fractionné : comment arbitrer ?

L’administration fiscale peut, dans certains cas, autoriser un paiement différé ou fractionné des droits de succession. Cette option peut sembler séduisante, mais elle reste soumise à conditions et ne répond pas toujours aux besoins immédiats. Le paiement fractionné ne supprime pas la dette fiscale, il la reporte. Les intérêts continuent de courir, et les garanties exigées peuvent être contraignantes. Le crédit hypothécaire, lui, permet de solder immédiatement la dette fiscale, de sécuriser la situation et de repartir sur une base claire. Dans certaines situations, les deux solutions peuvent être combinées, mais le crédit hypothécaire reste l’outil le plus direct pour payer les frais de succession sans subir.

Questions fréquentes sur le paiement des frais de succession

Peut-on payer des frais de succession sans vendre un bien immobilier ?
Oui. Le crédit hypothécaire permet de financer les droits de succession tout en conservant la propriété du bien.

Le crédit hypothécaire est-il possible en indivision ?
Oui, sous certaines conditions et avec l’accord des indivisaires concernés.

Combien de temps faut-il pour mettre en place un crédit hypothécaire après un décès ?
Le délai dépend de la complexité de la succession, mais l’étude peut commencer dès l’ouverture du dossier notarial.

Le crédit hypothécaire est-il risqué pour un héritier ?
Comme tout crédit, il comporte des risques. Lorsqu’il est bien structuré, il permet au contraire d’éviter des pertes patrimoniales plus importantes.

Régler des frais de succession avec discernement

Payer des frais de succession ne devrait jamais être une décision subie. Le crédit hypothécaire permet de reprendre le contrôle, d’agir sans précipitation et de préserver la valeur du patrimoine transmis. Cette solution ne s’adresse pas à tous les cas, mais lorsqu’elle est pertinente, elle constitue un outil de continuité patrimoniale, parfaitement adapté aux successions immobilières complexes. Avant toute décision, il est essentiel de prendre le temps d’analyser la situation, de comprendre les implications et de s’entourer de professionnels capables d’apporter une lecture globale, juridique et financière.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Trésovia, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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