Financer des études ou une formation grâce à un crédit hypothécaire

Ella Coutelier, directrice commerciale de Trésovia
Ella Coutelier
Directrice commerciale de Trésovia
Mis à jour le
09 October 2026
Trésovia, crédit hypothécaire

Cet article fait partie de notre guide « Acheter, investir, rénover grâce au crédit hypothécaire ».

Oui, des parents propriétaires, ou un adulte qui se reconvertit, peuvent financer des études ou une formation avec un crédit hypothécaire adossé à leur bien. La solution vise les besoins d'au moins 50 000 € (scolarité à l'étranger, plusieurs enfants, MBA) sur un bien d'au moins 300 000 €, dans la limite de 70 % de sa valeur, crédits en cours déduits. L'emprunteur doit avoir des revenus suffisants pour rembourser : la valeur du bien ne suffit pas. Pour un besoin plus modeste, prêt étudiant, bourses ou don familial sont mieux adaptés.

Les projets concernés

Le crédit hypothécaire répond à des besoins élevés, qu'aucune solution dédiée ne couvre entièrement :

  • des études à l'étranger, où se cumulent scolarité, logement, transport, assurance santé et frais de visa ;
  • des écoles privées supérieures sur trois à cinq ans, ou des études de santé suivies hors de France ;
  • un MBA ou un programme pour cadres, souvent payé en une ou deux fois ;
  • une reconversion qui impose de financer à la fois la formation et une baisse de revenus ;
  • plusieurs enfants dont les études se chevauchent.

Chiffrer le besoin réel avant d'emprunter

La première erreur est de ne financer que les frais de scolarité. Le coût d'un cursus se calcule sur toute sa durée, poste par poste :

PosteCe qu'il faut prévoirOù trouver le chiffre
Frais de scolaritéChaque année du cursus, et leur hausse éventuelleBrochure et règlement financier de l'établissement
LogementLoyer, dépôt de garantie, assurance habitationRésidences de l'école, annonces locales
Vie couranteAlimentation, transports, téléphone, fournituresEstimations publiées par l'établissement
SantéAssurance santé obligatoire dans certains paysConsulat, établissement d'accueil
Visa et démarchesFrais de visa, traductions, justificatif de ressourcesConsulat du pays d'accueil
ChangeVariation de la devise pendant tout le cursusMarge de sécurité à prévoir
Perte de revenusEn cas de reconversion : salaire non perçu pendant la formationSimulation de vos droits et du budget du foyer

Certains pays exigent, pour délivrer un visa étudiant, la preuve de ressources suffisantes. Un financement obtenu à temps peut donc conditionner l'inscription elle-même.

Qui peut emprunter

Le crédit hypothécaire est souscrit par le propriétaire du bien donné en garantie, et remboursé grâce à ses revenus.

  • Les parents, le plus souvent, pour les études d'un enfant. Si le bien est le logement de la famille et n'appartient qu'à l'un des époux, l'accord de l'autre est obligatoire pour l'hypothéquer : voir hypothèque du logement familial.
  • L'adulte en reconversion, s'il est propriétaire et si ses revenus pendant la formation (salaire maintenu, revenus du conjoint, revenus locatifs) permettent de rembourser.
  • Les grands-parents, s'ils ont des revenus suffisants, par exemple une retraite confortable.

Deux cas sont exclus. Un étudiant sans revenus ne peut pas emprunter, même s'il est propriétaire d'un bien hérité : la garantie ne remplace pas la capacité de remboursement. Des parents qui vivent à l'étranger ne peuvent pas emprunter non plus, la résidence fiscale en France étant obligatoire.

Les solutions à comparer d'abord

  • Le prêt étudiant garanti par l'État : accessible sans caution parentale ni condition de ressources, dans la limite d'un plafond, auprès des banques participantes.
  • Le prêt étudiant bancaire classique, souvent avec la caution des parents.
  • Les bourses sur critères sociaux, les bourses d'excellence et les aides des écoles.
  • Le compte personnel de formation et, pour un salarié, le projet de transition professionnelle, qui peut maintenir une partie de la rémunération.
  • Le don familial de sommes d'argent : jusqu'à 31 865 € par donateur et par bénéficiaire sans droits, si le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire est majeur, en plus de l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant renouvelable tous les quinze ans. Voir don d'argent aux enfants.

Ces solutions se combinent. Le crédit hypothécaire prend le relais quand elles ne suffisent pas, ou quand le patrimoine est important mais peu liquide.

Le point fiscal et familial

  • Ce n'est pas une donation : payer les études de son enfant relève de l'obligation d'entretien et d'éducation des parents, qui peut se poursuivre après sa majorité. Les frais d'éducation n'ont pas à être rapportés à la succession (article 852 du Code civil), tant qu'ils restent en rapport avec vos moyens.
  • L'impôt sur le revenu : l'aide versée à un enfant majeur peut être déduite comme pension alimentaire, dans la limite d'un plafond fixé chaque année par la loi, l'enfant la déclarant de son côté. Vous pouvez aussi le rattacher à votre foyer fiscal jusqu'à 25 ans s'il poursuit ses études. Les deux ne se cumulent pas pour le même enfant.
  • L'équilibre entre enfants : si un seul enfant bénéficie d'un cursus très coûteux, parlez-en en famille, et voyez avec le notaire s'il est utile d'organiser une avance sur héritage au profit des autres.

Calibrer le montant et le remboursement

Les fonds sont versés en une fois chez le notaire, et les intérêts courent sur la totalité dès le versement. Empruntez ce qui couvre le cursus, sans plus, et placez la part qui ne sert pas tout de suite sur une épargne disponible. Un second crédit quelques années plus tard entraînerait de nouveaux frais.

  • Le prêt amortissable, jusqu'à 25 ans, répartit capital et intérêts sur toute la durée : c'est la formule la plus courante.
  • Le prêt in fine, dès 100 000 € et jusqu'à 15 ans : vous ne payez que les intérêts pendant les études, puis remboursez le capital en une fois. Il suppose une sortie crédible, comme la vente programmée d'un bien. Voir notre comparatif prêt in fine ou amortissable.

Comptez 30 à 45 jours entre un dossier complet et le versement des fonds, délai légal de réflexion de 10 jours compris. Lancez la demande dès l'admission, avant la date du premier règlement à l'école.

Les conditions

  • un bien situé en France, d'une valeur d'au moins 300 000 € ;
  • un besoin d'au moins 50 000 € ;
  • un financement limité à 70 % de la valeur du bien, crédits en cours déduits ;
  • des revenus réguliers permettant de rembourser ;
  • une résidence fiscale en France ;
  • aucune inscription au FICP ni au FCC, quelle qu'en soit la cause.

Un exemple chiffré

Anne et Pierre, 55 ans, cadres, veulent financer six années d'études de médecine à l'étranger pour leur fille, soit environ 150 000 € tout compris : scolarité, logement, vie courante, assurance santé et marge de change. Le pays d'accueil demande un justificatif de ressources pour le visa.

Leur appartement vaut 520 000 €, et il reste 40 000 € sur le prêt qui l'a financé. Leur plafond atteint 324 000 €, soit 70 % de la valeur (364 000 €) moins le capital restant dû. Ils empruntent 150 000 € plus les frais, en amortissable sur 15 ans. Hors intérêts et assurance, la part de capital dans chaque échéance est de 833 € ; leurs revenus couvrent l'échéance complète avec une marge confortable.

Ils règlent la première année et placent le reste sur une épargne disponible, débloquée année après année. Ils rattachent leur fille à leur foyer fiscal pendant ses études.

Cas réel : 100 000 € en in fine sur 10 ans pour des études aux États-Unis.

Questions fréquentes

Peut-on financer les études de ses enfants avec un crédit hypothécaire ?

Oui, si vous êtes propriétaire d'un bien d'au moins 300 000 €, que le besoin atteint au moins 50 000 € et que vos revenus permettent de rembourser.

Un étudiant propriétaire peut-il emprunter sur son bien ?

Seulement s'il dispose de revenus réguliers suffisants pour rembourser. La valeur du bien ne suffit pas.

Peut-on financer une reconversion professionnelle avec un crédit hypothécaire ?

Oui, si le besoin atteint 50 000 € et que les revenus du foyer pendant la formation couvrent les échéances. Mobilisez d'abord le compte personnel de formation et les dispositifs de transition professionnelle.

Les fonds peuvent-ils être versés au fur et à mesure des années d'études ?

Non, ils sont versés en une fois à la signature chez le notaire. Placez la part qui ne sert pas immédiatement sur une épargne disponible.

Payer les études d'un enfant est-il une donation ?

Non, cela relève de l'obligation d'entretien et d'éducation des parents. Ces frais n'ont pas à être rapportés à la succession, tant qu'ils restent en rapport avec vos moyens.

Existe-t-il des solutions moins coûteuses ?

Pour des montants modérés, oui : prêt étudiant garanti par l'État, bourses, compte personnel de formation, don familial exonéré.

À lire aussi

Faites une demande d'étude confidentielle : un conseiller vous rappelle pour vérifier la faisabilité de votre projet, sans engagement.

Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

Besoin d'obtenir de la trésorerie grâce à votre patrimoine immobilier ?

Le crédit hypothécaire permet à un propriétaire d'emprunter en utilisant son bien immobilier comme garantie, sans avoir à le vendre. Cette solution peut notamment servir à financer des travaux, régler une dette fiscale, payer des frais de succession, racheter une soulte ou obtenir des liquidités pour un projet personnel ou professionnel.

Découvrez notre guide complet consacré au crédit hypothécaire, ses conditions, son fonctionnement, ses avantages et les situations dans lesquelles il peut constituer une alternative aux solutions bancaires traditionnelles.

Ella Coutelier, directrice commerciale de Trésovia, est spécialisée dans les solutions de financement patrimonial et de crédit hypothécaire. Elle accompagne les propriétaires dans l’analyse, le montage et le suivi de leurs opérations de financement immobilier.

Voir le profil d’Ella Coutelier
Accès au formulaire