Frais de succession : qui paie et comment les financer ?

Ella Coutelier, directrice commerciale de Trésovia
Ella Coutelier
Directrice commerciale de Trésovia
Mis à jour le
26 September 2026

Cet article fait partie de notre guide « Crédit hypothécaire et succession : le guide complet ».

« Qui paie les frais de notaire d'une succession ? » est l'une des questions les plus fréquentes au moment d'un héritage, et la réponse n'est pas toujours intuitive. Entre frais de notaire, droits de succession, répartition entre héritiers et cas particulier de l'usufruit, il est utile de clarifier qui doit quoi. Et lorsque les sommes posent problème, des solutions de financement existent. Pour le cas du blocage de trésorerie, voyez notre page « je ne peux pas payer les frais de notaire d'une succession ».

Frais de notaire et droits de succession : deux choses distinctes

Avant de savoir qui paie, il faut distinguer ce que l'on paie. Les frais de notaire correspondent à la rémunération du notaire et aux frais engagés pour le règlement de la succession : établissement de l'acte de notoriété, attestation de propriété immobilière, formalités. Les droits de succession sont l'impôt prélevé par l'État sur la transmission, dont le montant dépend du lien de parenté avec le défunt et de la part reçue.

Ces deux postes obéissent à des logiques différentes, et c'est leur addition qui constitue le coût global d'une succession.

Qui paie les frais de notaire d'une succession ?

Les frais liés au règlement de la succession sont supportés par les héritiers, en proportion de leur part dans l'héritage. Concrètement, ils sont prélevés sur l'actif de la succession ou avancés par les héritiers, puis répartis entre eux selon leurs droits respectifs.

Lorsque plusieurs héritiers se partagent la succession, chacun contribue donc à hauteur de ce qu'il reçoit. C'est un principe de proportionnalité : plus la part héritée est importante, plus la contribution aux frais l'est aussi.

Qui paie les droits de succession ?

Les droits de succession sont dus par chaque héritier sur la part qu'il reçoit. Leur montant dépend de deux facteurs : le lien de parenté avec le défunt et la valeur de la part transmise.

En ligne directe, entre parents et enfants, des abattements importants s'appliquent, qui réduisent souvent fortement, voire annulent, les droits. Pour des héritiers plus éloignés, ou sans lien de parenté, les abattements sont faibles et les taux plus élevés, si bien que les droits peuvent représenter une somme considérable. Chaque héritier est en principe redevable des droits sur sa propre part. Voir le barème et les abattements.

Le cas particulier de l'usufruit

La succession donne souvent lieu à un démembrement de propriété : un héritier reçoit l'usufruit (le droit d'utiliser le bien ou d'en percevoir les revenus), un autre la nue-propriété (la propriété sans la jouissance). C'est typiquement le cas du conjoint survivant qui reçoit l'usufruit, les enfants recevant la nue-propriété.

Dans cette configuration, les droits de succession sont calculés sur la valeur respective de l'usufruit et de la nue-propriété, déterminée selon un barème lié à l'âge de l'usufruitier. Le conjoint survivant est exonéré ; les enfants sont redevables des droits sur la valeur de leur nue-propriété. La répartition des frais et charges entre usufruitier et nu-propriétaire obéit par ailleurs à des règles spécifiques, qu'il est utile de faire préciser par le notaire.

Comment financer les frais et droits de succession

Lorsque les sommes à régler dépassent les liquidités disponibles, plusieurs solutions existent. L'administration fiscale prévoit, sous conditions, des facilités de paiement des droits, en différé ou fractionné. Et lorsque le patrimoine hérité est essentiellement immobilier, le crédit hypothécaire permet de mobiliser la valeur du bien pour régler frais et droits sans le vendre.

Cette voie, qui peut atteindre jusqu'à 70 % de la valeur du bien, est détaillée dans nos pages payer les droits de succession sans vendre et régler des frais de succession. Elle est particulièrement utile lorsque les héritiers souhaitent conserver le bien plutôt que de le vendre pour payer.

Anticiper la question des frais

La meilleure façon d'aborder sereinement les frais de succession est de les anticiper. Connaître à l'avance, avec un notaire, l'ordre de grandeur des frais et droits permet de se préparer et d'éviter les mauvaises surprises. Du côté de la transmission, organiser de son vivant (par exemple via une donation, sujet que nous traitons dans notre page financer une donation à ses enfants) peut alléger la charge future pour les héritiers. L'anticipation reste le meilleur outil face à des frais souvent sous-estimés.

Questions fréquentes sur les frais de succession

Qui paie les frais de notaire d'une succession ?

Les héritiers, en proportion de leur part dans l'héritage. Les frais sont prélevés sur l'actif de la succession ou avancés par les héritiers, puis répartis selon leurs droits respectifs.

Qui paie les droits de succession ?

Chaque héritier paie les droits sur la part qu'il reçoit. Leur montant dépend du lien de parenté et de la valeur transmise. En ligne directe, des abattements importants réduisent souvent fortement ces droits.

Qui paie les frais en cas d'usufruit ?

En cas de démembrement, les droits sont calculés sur la valeur respective de l'usufruit et de la nue-propriété, selon un barème lié à l'âge de l'usufruitier. Le conjoint survivant usufruitier est exonéré. La répartition des charges suit des règles spécifiques, à préciser avec le notaire.

Frais de succession : l'essentiel

Les frais de notaire et les droits de succession sont supportés par les héritiers, à proportion de leur part, les droits variant selon le lien de parenté et, en cas d'usufruit, selon la valeur de chaque droit démembré. Quand ces sommes dépassent les liquidités disponibles, des facilités de paiement ou un crédit hypothécaire adossé au bien hérité permettent d'y faire face sans vendre. Anticiper avec un notaire reste la meilleure protection.

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Ella Coutelier, directrice commerciale de Trésovia, a exercé comme responsable commerciale dans l’immobilier de prestige à Genève et en Haute-Savoie. Elle parle couramment français et anglais et accompagne l’analyse, le montage et le suivi des dossiers de crédit hypothécaire.

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