« Je ne peux pas payer les frais de notaire d'une succession » : que faire ?

Gabriele Favale
Gabriele Favale (marketing & communication)
Mis à jour le
23 June 2026

Hériter d'un bien immobilier sans disposer des liquidités pour régler les frais qui l'accompagnent est une situation plus courante qu'on ne le croit. L'héritier se retrouve « riche » d'un bien, mais incapable d'avancer les sommes nécessaires pour entrer en possession de son héritage. « Je ne peux pas payer les frais de notaire de la succession » résume ce blocage. Il existe pourtant des solutions. Pour le cadre général, voyez notre page régler des frais de succession.

Pourquoi un héritier peut se retrouver sans liquidités

Le paradoxe de la succession immobilière est là : on hérite d'un bien de valeur, mais cette valeur est immobilisée dans la pierre. Or régler une succession suppose d'avancer des sommes — frais de notaire, droits de succession le cas échéant — avant même de pouvoir disposer du bien ou de le vendre.

Quand l'héritier ne dispose pas de l'épargne nécessaire, il se retrouve coincé : il ne peut pas payer les frais, donc il ne peut pas finaliser la succession, donc il ne peut pas accéder pleinement au bien dont il vient pourtant d'hériter. C'est un blocage de trésorerie, pas un problème de patrimoine.

Frais de notaire et droits de succession : de quoi parle-t-on ?

Il faut distinguer deux choses souvent confondues. Les frais de notaire correspondent à la rémunération du notaire et aux débours liés au règlement de la succession. Les droits de succession sont l'impôt dû à l'État sur la transmission, qui dépend du lien de parenté et de la valeur transmise. Pour les héritiers en ligne directe, des abattements réduisent souvent fortement, voire annulent, ces droits ; pour des héritiers plus éloignés, ils peuvent être très lourds.

C'est l'addition de ces sommes, à avancer dans des délais contraints, qui crée la difficulté. Le détail des délais de paiement est abordé dans notre page délai pour payer les droits de succession.

Les solutions face à l'impossibilité de payer

Plusieurs voies existent selon la situation.

Le délai de paiement des droits

L'administration fiscale prévoit, dans certains cas, des facilités de paiement des droits de succession, sous forme de paiement différé ou fractionné. Ces dispositifs ne couvrent pas tout et obéissent à des conditions précises, mais ils peuvent soulager une partie de la pression.

La vente d'un bien de la succession

Vendre un bien hérité permet de dégager les liquidités nécessaires. Mais c'est une solution radicale, qui suppose de se séparer d'un bien parfois chargé d'affect, et qui n'a pas toujours de sens si l'on souhaitait le conserver.

Le crédit hypothécaire adossé au bien hérité

Lorsque l'héritier souhaite conserver le bien mais n'a pas les liquidités pour les frais, le crédit hypothécaire offre une voie : mobiliser la valeur du bien lui-même pour financer les frais et droits de la succession, sans le vendre.

Financer les frais de succession par un crédit hypothécaire

Le principe est de transformer une partie de la valeur du bien hérité en liquidités, afin de régler les frais et droits, tout en conservant le bien. Le prêt, garanti par une hypothèque, met à disposition les fonds nécessaires ; le financement peut atteindre jusqu'à 70 % de la valeur du bien, ce qui couvre très largement des frais de succession dans la plupart des cas.

Cette logique est détaillée dans notre page crédit hypothécaire pour régler des droits de succession, et, lorsque la succession traîne en longueur, dans financer une succession longue.

Quelles conditions et quel coût ?

L'opération répond aux paramètres du crédit hypothécaire :

  • Montant finançable : jusqu'à 70 % de la valeur du bien.
  • Frais : 8,5 % du montant emprunté, en amortissable comme en in fine.
  • Taux : 5,7 % en amortissable, 6 % en in fine.
  • Durée : jusqu'à 25 ans au choix en amortissable, 15 ans maximum en in fine.

Lorsque plusieurs héritiers sont concernés et que l'un souhaite conserver le bien, l'opération peut se combiner avec un rachat des parts des autres, comme expliqué dans notre page crédit hypothécaire pour les héritiers.

Agir sans précipitation

Face à des frais qu'on ne peut pas payer, la tentation est de vendre dans l'urgence, souvent à un prix décoté. Prendre le temps d'examiner les solutions — facilités de paiement, financement adossé au bien — permet d'éviter une décision subie. Le notaire chargé de la succession est le premier interlocuteur pour faire le point sur les sommes dues et les délais ; à partir de là, le financement peut être organisé sereinement plutôt que dans la panique.

Questions fréquentes sur l'impossibilité de payer les frais de succession

Que faire si on ne peut pas payer les frais de notaire d'une succession ?

Plusieurs solutions existent : demander des facilités de paiement des droits à l'administration, vendre un bien, ou mobiliser la valeur du bien hérité via un crédit hypothécaire pour régler les frais sans vendre.

Peut-on financer les frais de succession par un crédit ?

Oui. Un héritier propriétaire du bien peut mobiliser sa valeur via un crédit hypothécaire, jusqu'à 70 % de celle-ci, pour régler frais de notaire et droits de succession tout en conservant le bien.

Quelle différence entre frais de notaire et droits de succession ?

Les frais de notaire rémunèrent le notaire et couvrent les débours du règlement. Les droits de succession sont l'impôt dû à l'État sur la transmission, variable selon le lien de parenté et la valeur, avec des abattements en ligne directe.

Faut-il vendre le bien hérité pour payer les frais ?

Pas nécessairement. Avant de vendre, un héritier peut financer les frais en mobilisant la valeur du bien via un crédit hypothécaire, ce qui permet de conserver un bien que l'on souhaitait garder.

Ne pas pouvoir payer les frais de succession : l'essentiel

Hériter d'un bien sans liquidités pour en régler les frais est un blocage de trésorerie, pas de patrimoine. Plutôt que de vendre dans l'urgence, un héritier peut mobiliser la valeur du bien via un crédit hypothécaire, jusqu'à 70 % de celle-ci, pour payer frais et droits tout en conservant le bien. Le notaire reste le premier interlocuteur pour faire le point avant d'organiser le financement.

Besoin d'obtenir de la trésorerie grâce à votre patrimoine immobilier ?

Le crédit hypothécaire permet à un propriétaire d'emprunter en utilisant son bien immobilier comme garantie, sans avoir à le vendre. Cette solution peut notamment servir à financer des travaux, régler une dette fiscale, payer des frais de succession, racheter une soulte ou obtenir des liquidités pour un projet personnel ou professionnel.

Découvrez notre guide complet consacré au crédit hypothécaire, ses conditions, son fonctionnement, ses avantages et les situations dans lesquelles il peut constituer une alternative aux solutions bancaires traditionnelles.

Gabriele Favale est responsable marketing et communication chez Trésovia. Il participe à la création de contenus pédagogiques destinés à informer les propriétaires sur les solutions de financement garanties par l'immobilier, notamment le crédit hypothécaire et le prêt hypothécaire.

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