Cet article fait partie de notre guide « Crédit hypothécaire pour les professionnels et dirigeants ».
Le rachat de crédit pro consiste à remplacer plusieurs financements professionnels par un seul, plus long, pour alléger les échéances et soulager la trésorerie. Il prend deux formes : la restructuration des prêts de l'entreprise elle-même, étudiée sur ses comptes, ou un financement personnel du dirigeant, qui mobilise son patrimoine pour régler des dettes qui le visent ou renflouer sa société. On ne peut pas mélanger librement dettes de la société et crédits personnels : ce sont deux débiteurs distincts.
Rachat de crédit pro : de quoi parle-t-on ?
L'expression recouvre des situations très différentes. Un artisan en entreprise individuelle veut regrouper son prêt de véhicule et ses crédits personnels. Une SARL veut étaler sur une durée plus longue trois prêts d'équipement. Un gérant voit sa caution appelée après la défaillance de sa société. Les solutions, et les prêteurs, ne sont pas les mêmes.
| Forme | Qui emprunte | Sur quoi le prêteur décide |
|---|---|---|
| Restructuration des crédits de l'entreprise | La société ou l'entrepreneur pour son activité | Bilans, endettement, trésorerie, prévisionnel |
| Rachat de crédits personnel incluant des dettes liées à l'activité | L'entrepreneur à titre personnel | Revenus, charges, patrimoine |
| Crédit hypothécaire personnel du dirigeant | Le dirigeant, sur la garantie de son bien | Valeur du bien, revenus permettant de rembourser |
Quelles dettes peut-on regrouper ?
| Dette | Dans un rachat de crédit pro | Avec un crédit hypothécaire personnel |
|---|---|---|
| Prêt d'équipement, de véhicule, d'investissement | Oui, en général | Indirectement : les fonds apportés à la société lui permettent de les solder |
| Prêt immobilier professionnel | Oui, souvent avec une garantie sur le bien | Oui, si le bien ou un autre bien sert de garantie |
| Découvert, crédit de trésorerie | Oui, transformé en prêt amortissable | Par un apport en compte courant |
| Dettes fiscales et URSSAF | Parfois, après une demande d'échéancier | Oui pour une dette personnelle ; par apport pour celle de la société |
| Caution personnelle appelée | Non, c'est une dette du dirigeant | Oui, c'est un usage fréquent |
| Crédit-bail, location financière | Généralement exclus | Non concerné |
| Dettes d'une entreprise en liquidation | Exclues | Non, tant que la procédure est en cours |
Entrepreneur individuel, société, SCI : qui est le débiteur ?
L'entrepreneur individuel
Depuis la loi du 14 février 2022, l'entrepreneur individuel a par défaut deux patrimoines séparés : le professionnel répond des dettes de l'activité, le personnel des dettes privées. Un créancier professionnel peut demander une renonciation à cette protection pour un engagement précis. Regrouper dettes pro et perso dans un même prêt suppose donc un examen attentif de ce que l'on engage.
La société
Une SARL, une SAS ou une SCI est une personne distincte de ses associés. Ses dettes ne sont pas celles du dirigeant, sauf s'il s'est porté caution. Le rachat des crédits de la société se négocie au nom de la société ; les crédits personnels du dirigeant se traitent à part. Pour une SCI, chaque associé répond des dettes sociales à proportion de ses parts : voir le prêt hypothécaire pour une SCI.
Le dirigeant caution
Lorsque la banque appelle la caution, la dette devient personnelle au dirigeant. Elle peut alors être financée comme toute dette privée. Notre guide caution de dirigeant appelée détaille les recours avant de payer.
Les garanties demandées
- Hypothèque sur un bien professionnel ou personnel, par acte notarié.
- Nantissement du fonds de commerce, du matériel ou de parts sociales.
- Caution personnelle du dirigeant, qui engage ses biens propres.
- Caution des associés d'une SCI, avec une hypothèque sur le bien de la société.
Les étapes
- Faire l'inventaire : contrats, tableaux d'amortissement, échéances, garanties déjà données.
- Préparer les comptes : deux ou trois derniers bilans, situation intermédiaire, prévisionnel de trésorerie.
- Choisir les prêts à reprendre : inutile de racheter un prêt à taux bas presque remboursé.
- Comparer les offres sur le coût total, garanties et indemnités comprises.
- Signer, mettre en place les garanties, puis solder les anciens prêts.
Les pièges à éviter
- Allonger sans compter : une échéance plus basse sur une durée plus longue coûte plus cher au total.
- Oublier les indemnités de remboursement anticipé des prêts professionnels, fixées par chaque contrat.
- Signer une caution illimitée pour obtenir le regroupement, sans en mesurer la portée.
- Regrouper pour retarder une difficulté structurelle : si l'activité ne dégage plus de marge, le rachat ne fait que repousser le problème.
- Payer d'avance : un intermédiaire ne peut rien percevoir d'un particulier avant le versement effectif des fonds.
Le crédit hypothécaire personnel au service de l'activité
Quand la banque de l'entreprise refuse de restructurer, le dirigeant propriétaire peut emprunter à titre personnel sur la valeur de son bien, puis régler une dette qui le vise ou apporter les fonds à sa société en compte courant d'associé. Chez Trésovia, l'étude suppose :
- un bien situé en France d'une valeur d'au moins 300 000 € ;
- un besoin d'au moins 50 000 € ;
- jusqu'à 70 % de la valeur du bien, crédits en cours déduits ;
- un remboursement amortissable jusqu'à 25 ans, ou in fine jusqu'à 15 ans dès 100 000 € ;
- des revenus personnels qui permettent de rembourser, une résidence fiscale en France ;
- aucune inscription au FICP ni au FCC, et aucune procédure collective en cours dans laquelle vous êtes mandataire social.
Ce financement engage votre bien pour l'entreprise : il n'a de sens que si l'activité est viable. Notre page financer un besoin professionnel avec un crédit hypothécaire aide à poser la question.
Un exemple
Karim dirige une entreprise de second œuvre en SARL. Après la perte d'un gros client, la banque appelle sa caution personnelle pour 85 000 €, et la société a besoin de 60 000 € pour tenir ses échéances. Karim possède sa résidence principale, estimée 700 000 €, avec 150 000 € de prêt en cours. La limite atteint 70 % de 700 000 €, soit 490 000 €, moins 150 000 € : 340 000 €. Il emprunte 145 000 €, plus les frais, à titre personnel : 85 000 € soldent la caution, 60 000 € sont apportés en compte courant. Ses revenus de gérant couvrent la mensualité.
Questions fréquentes
Peut-on regrouper ses crédits professionnels et personnels dans un seul prêt ?
Pas lorsque les dettes professionnelles appartiennent à une société : elle et vous êtes deux débiteurs distincts. Un regroupement unique est envisageable pour un entrepreneur individuel, ou pour des dettes professionnelles devenues personnelles, comme une caution appelée.
Quelles dettes professionnelles peut-on intégrer à un rachat de crédit pro ?
Surtout les prêts d'équipement, de véhicules ou d'investissement, les prêts immobiliers professionnels et les découverts. Les dettes fiscales et sociales le sont parfois, après une demande d'échéancier. Le crédit-bail et les dettes d'une entreprise en liquidation sont en général exclus.
Une entreprise en difficulté peut-elle faire racheter ses crédits ?
Tant qu'elle est viable, oui, en présentant ses comptes et un prévisionnel. En sauvegarde ou en redressement, c'est le tribunal qui encadre le traitement des dettes ; en liquidation, l'opération n'est plus possible.
Le dirigeant peut-il utiliser un crédit hypothécaire personnel pour sa société ?
Oui. Il emprunte à titre personnel en garantissant le prêt sur son bien, puis apporte les fonds à la société, souvent en compte courant d'associé, ou règle une dette qui le vise personnellement.
Quelle garantie demande un rachat de crédit professionnel ?
Selon le dossier : hypothèque sur un bien professionnel ou personnel, nantissement du fonds de commerce ou du matériel, caution personnelle du dirigeant. Mesurez l'étendue de chaque engagement avant de signer.
Combien de temps faut-il pour un crédit hypothécaire chez Trésovia ?
Comptez 30 à 45 jours entre un dossier complet et le versement des fonds, délai légal de réflexion de dix jours compris.
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Faites une demande d'étude confidentielle : un conseiller vous rappelle pour vérifier la faisabilité de votre projet, sans engagement.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.



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