Rachat de soulte avec crédit en cours : comment faire ?

Ella Coutelier, directrice commerciale de Trésovia
Ella Coutelier
Directrice commerciale de Trésovia
Mis à jour le
28 October 2026
Trésovia, crédit hypothécaire

Cet article fait partie de notre guide « Crédit hypothécaire et divorce : soulte, prestation compensatoire ».

Oui, vous pouvez racheter la soulte de votre ex même si le prêt immobilier n'est pas remboursé. La soulte se calcule sur la valeur nette du bien, prêt déduit. Il faut ensuite libérer votre ex du prêt : soit la banque accepte de vous le laisser seul, soit un nouveau crédit rachète le prêt et paie la soulte en une fois. Voici comment choisir, et ce que coûte chaque option.

Comment se calcule la soulte quand un prêt reste à rembourser

Le prêt commun est une dette du couple. Le notaire la retire de la valeur du bien avant de calculer la part de chacun :

  1. Valeur nette = valeur du bien au jour du partage moins le capital restant dû.
  2. Soulte = valeur nette multipliée par la part de votre ex (la moitié, s'il détient la moitié du bien).
  3. Ce que vous devez financer = soulte + capital restant dû + frais, puisque vous reprenez seul la dette.

Ce calcul de base est ensuite ajusté par la liquidation du régime matrimonial : apports personnels, sommes payées seul, récompenses, indemnité d'occupation. Voir le calcul détaillé de la soulte et la liquidation du régime matrimonial.

ÉlémentBien sans prêtBien avec prêt en cours
Valeur du bien500 000 €500 000 €
Capital restant dû0 €180 000 €
Valeur nette à partager500 000 €320 000 €
Soulte due à l'ex (moitié)250 000 €160 000 €
À financer par celui qui garde le bien250 000 €, plus les frais340 000 €, plus les frais

La soulte est plus faible quand un prêt reste dû, mais le besoin total reste comparable : vous rachetez la moitié de la valeur nette et vous prenez toute la dette.

Trois façons de traiter le prêt en cours

1. La désolidarisation : garder le prêt existant

La banque accepte de retirer votre ex du contrat par un avenant. Vous gardez le prêt, ses conditions et son assurance, et vous ne financez que la soulte. C'est la solution la moins coûteuse quand elle est acceptée, mais la banque n'y est jamais obligée : elle refait l'analyse comme pour un nouveau prêt, sur vos seuls revenus.

2. Le rachat du prêt par un nouveau financement

Un nouveau prêt rembourse l'ancien et paie la soulte le même jour, chez le notaire. Les deux ex sont libérés de l'ancien contrat. C'est la voie la plus fréquente quand la banque refuse la désolidarisation, ou quand la soulte ne peut pas être financée à côté du prêt existant.

3. Le remboursement partiel avec une épargne

Une épargne commune, un plan d'épargne ou une donation familiale peuvent réduire le capital restant dû avant le partage, et donc le montant à financer. Voir le cas de parents qui aident leur fille à payer une soulte.

SolutionAvantagesLimites
DésolidarisationConditions du prêt conservées, peu de fraisAccord de la banque rare si vos revenus seuls sont justes
Rachat par un nouveau créditLibère les deux ex, une seule échéanceIndemnités possibles, nouvelles garanties, frais de dossier
Crédit hypothécaireMontant appuyé sur la valeur du bien, revenus analysés sur la duréeBien d'au moins 300 000 €, revenus suffisants, pas de fichage
Vente du bienChacun récupère sa part netteVous perdez le logement

Ce que la banque regarde pour vous laisser le prêt seul

  • Vos revenus seuls : ils doivent couvrir l'échéance du prêt, celle du financement de la soulte et vos charges, pensions alimentaires comprises.
  • Le reste à vivre, surtout avec des enfants à charge.
  • L'historique du prêt : des retards pendant la séparation pèsent lourd.
  • L'assurance emprunteur : elle doit être adaptée à un seul emprunteur, à 100 %.

Si la banque refuse, ce n'est pas la fin du projet : un rachat du prêt par un autre établissement reste possible, avec une analyse différente.

Quand le crédit hypothécaire prend le relais

Un crédit hypothécaire peut racheter le prêt en cours et payer la soulte en une seule opération, garanti par le bien que vous conservez. Il s'appuie d'abord sur la valeur du bien et sur des revenus analysés dans la durée, ce qui aide les profils que la banque suit mal : revenus d'indépendant, pension alimentaire à verser, âge. Chez Trésovia, il suppose :

  • un bien situé en France d'une valeur d'au moins 300 000 € ;
  • un besoin d'au moins 100 000 € lorsque le prêt immobilier en cours est repris ;
  • un financement total, prêt repris et soulte compris, d'au plus 70 % de la valeur du bien ;
  • des revenus réguliers permettant de rembourser, une résidence fiscale en France, aucune inscription au FICP ni au FCC ;
  • un remboursement amortissable jusqu'à 25 ans, ou in fine jusqu'à 15 ans dès 100 000 €.

Voir aussi racheter son prêt immobilier avec une trésorerie en plus.

Les frais à prévoir

  • Le droit de partage : 1,1 % de l'actif net partagé pour un partage consécutif à un divorce ou à la rupture d'un PACS, 2,5 % dans les autres cas, par exemple entre concubins. Il porte sur la valeur nette, prêt déduit. Voir les frais de notaire d’un rachat de soulte.
  • Les émoluments du notaire et les formalités de l'acte de partage.
  • Les indemnités de remboursement anticipé si le prêt est racheté, plafonnées par la loi à six mois d'intérêts et à 3 % du capital restant dû.
  • Les frais du nouveau financement : garantie, dossier, éventuelle intervention d'un courtier.

Ces frais peuvent être inclus dans le financement, dans la limite du plafond lié à la valeur du bien.

Les étapes, dans l'ordre

  1. Faire estimer le bien par un professionnel, et vous mettre d'accord sur la valeur.
  2. Demander le décompte du capital restant dû et des indemnités à la banque.
  3. Faire chiffrer la liquidation par le notaire : soulte, frais, comptes entre vous.
  4. Interroger la banque sur la désolidarisation, et monter en parallèle un financement de rachat.
  5. Recevoir l'offre de prêt et respecter le délai de réflexion de dix jours. Voir la loi Scrivener.
  6. Signer l'acte de partage : le notaire rembourse l'ancien prêt, verse la soulte et fait lever l'ancienne garantie.

Comptez 30 à 45 jours entre un dossier complet et le versement des fonds. Lancez le financement dès que l'accord sur la valeur se dessine, pas la veille de l'acte.

Un exemple

Claire et Julien divorcent par consentement mutuel. Leur maison près de Nantes est estimée à 520 000 €, avec 170 000 € de prêt restant dû. La valeur nette atteint 350 000 € : la soulte due à Julien est de 175 000 €. Claire, cadre, veut garder la maison pour les enfants. Sa banque refuse de lui laisser le prêt seule. Elle doit financer 345 000 €, plus les frais. Le plafond lié au bien atteint 364 000 € (70 % de 520 000 €). Un crédit hypothécaire amortissable sur 25 ans rachète le prêt et paie la soulte le jour de l'acte ; Julien est libéré de tout engagement envers la banque.

Les erreurs à éviter

  • Signer le partage sans financement accordé : la soulte est en principe payable à l'acte.
  • Oublier le prêt dans le calcul : une soulte calculée sur la valeur brute vous ferait payer deux fois la dette.
  • Croire qu'une renonciation libère du prêt : tant que la banque n'a pas accepté, votre ex reste co-emprunteur. Voir laisser la maison sans soulte.
  • Laisser des échéances impayées pendant la séparation : un incident inscrit au FICP ferme l'accès au crédit hypothécaire.

Questions fréquentes

Peut-on racheter une soulte avec un crédit en cours ?

Oui. La soulte est calculée sur la valeur nette du bien, prêt déduit, puis vous reprenez le prêt seul avec l'accord de la banque, ou vous le faites racheter par un nouveau financement qui paie aussi la soulte.

Le capital restant dû est-il déduit de la soulte ?

Oui. Le prêt commun est une dette du couple : on le retire de la valeur du bien avant de partager. Celui qui garde le bien prend ensuite la dette entière à sa charge.

La banque peut-elle refuser la désolidarisation ?

Oui. Rien ne l'oblige à libérer votre ex : elle vérifie que vos seuls revenus suffisent à rembourser. En cas de refus, un nouveau financement rachète le prêt et libère les deux emprunteurs.

Qui paie le crédit en attendant le partage ?

Les deux emprunteurs restent tenus envers la banque jusqu'à l'acte. Entre vous, le juge ou la convention de divorce peut prévoir qui paie, avec un compte fait lors de la liquidation.

Faut-il payer des indemnités de remboursement anticipé ?

Si le prêt est racheté, souvent oui, sauf clause contraire. La loi les plafonne à six mois d'intérêts et à 3 % du capital restant dû. Comparez ce coût au gain du nouveau montage.

Peut-on garder les conditions du prêt actuel ?

Seulement par une désolidarisation, qui conserve le prêt existant. Un rachat remplace le prêt par un nouveau, aux conditions du moment.

Que faire si mon ex refuse de signer ?

Sans accord, le partage se règle devant le juge, qui peut aussi ordonner la vente. Un financement déjà étudié montre que vous pouvez payer, ce qui pèse souvent dans la négociation.

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Faites une demande d'étude confidentielle : un conseiller vous rappelle pour vérifier la faisabilité de votre projet, sans engagement.

Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

Besoin d'obtenir de la trésorerie grâce à votre patrimoine immobilier ?

Le crédit hypothécaire permet à un propriétaire d'emprunter en utilisant son bien immobilier comme garantie, sans avoir à le vendre. Cette solution peut notamment servir à financer des travaux, régler une dette fiscale, payer des frais de succession, racheter une soulte ou obtenir des liquidités pour un projet personnel ou professionnel.

Découvrez notre guide complet consacré au crédit hypothécaire, ses conditions, son fonctionnement, ses avantages et les situations dans lesquelles il peut constituer une alternative aux solutions bancaires traditionnelles.

Ella Coutelier, directrice commerciale de Trésovia, a exercé comme responsable commerciale dans l’immobilier de prestige à Genève et en Haute-Savoie. Elle parle couramment français et anglais et accompagne l’analyse, le montage et le suivi des dossiers de crédit hypothécaire.

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